Editorial Février 2015

Peut-être avez-vous lu :«  Le prophète » de Khalil Gibran ?

Peut-être avez-vous lu :«  Le prophète » de Khalil Gibran ?

L’auteur met en scène un sage à qui sont posées des questions diverses : « Parlez-nous des Enfants », ou « Qu’en est-il de nos Lois ? ». Plus loin, une femme dit : » Parlez-nous de la Prière. »…

   Pour ma part, j’aurais aimé poser la question : «  Maître, parlez-nous de la Spiritualité ? »

Et pourquoi – me direz-vous – parler de Spiritualité ?

Écoutez cette histoire…

Un homme aimait intensément Jésus, le Christ. Il est devenu prêtre. Bien qu’il ait une petite santé, son évêque l’envoie dans un des quartiers les plus pauvres de Lyon. Beaucoup des gens des campagnes se sont établis dans ce faubourg pour trouver du travail, c’est le début de l’industrialisation : travaux pénibles, petits salaires, horaires à rallonge, travail d’enfants en usine… peu de confort dans les maisons, quartier mal équipé en tout, une inondation catastrophique…

Ce prêtre passait beaucoup de temps à lire et relire les Évangiles, à prier, à faire des visites… Il voulait être proche des gens, être à leur service, leur parler de Jésus-Christ.

Antoine Chevrier – c’est son nom – ne ménage pas sa peine, il accueille enfants et jeunes à la dérive, tous : grands et petits ont une place privilégiée dans son cœur et lui, offre le sien à Jésus ! Il vivait à la même époque que Jean-Marie Vianney, plus connu sous le nom de curé d’Ars. A plusieurs reprises ils se sont rencontrés !

Dans ce triste faubourg, il y avait des cabarets, des salles de bal où l’alcool, les disputes, le manque de respect, des vols étaient nombreux. Une de ces salles de bal s’appelait « le Prado ». Elle est mise en vente, le père Chevrier l’achète et la transforme en chapelle et en un lieu de vie pour des jeunes en précarité qu’il afin qu’ils réussissent leur vie, avec l’espoir qu’ils découvrent l’ amour de Jésus-Christ pour eux !

C’est une belle histoire, mais que vient faire la spiritualité là dedans ?

A son époque, cet homme de Dieu avait perçu combien il était important de bien connaître les Évangiles, d’aimer la Parole de Dieu, c’est à dire regarder Jésus, l’écouter, d’en vivre, de la partager et de témoigner par sa vie que Jésus-Christ est Amour ! Le Père Ancel, évêque, un temps au travail, et responsable des prêtres du Prado écrira : «  J’ai été séduit par le P. Chevrier… ce prêtre m’a séduit parce qu’il était un homme vrai. Il a pris l’évangile au sérieux ! »

N’est-on pas en plein dans la spiritualité ?

C’est ainsi que naît, en 1860 l’Institut des prêtres du Prado. Des femmes fondent dans le même esprit l’Institut des sœurs du Prado, des diacres, des femmes et des hommes laïcs accueillent l’appel du père Chevrier et rejoignent la «  Famille du Prado ». Ensemble, les uns et les autres portent en eux ce que le Fondateur désirait tant : être disciple et apôtre du Christ.

En 1856, méditant devant la crèche, Antoine Chevrier est touché au plus profond de lui-même par la pauvreté de Jésus couché dans une mangeoire d’animaux, il dit à ce propos : «  C’est en méditant la nuit de Noël sur la pauvreté de Notre Seigneur et son abaissement parmi les hommes que j’ai résolu de tout quitter et de vivre le plus pauvrement possible ».

Aujourd’hui encore des femmes, des hommes se sentent appelés à suivre à son exemple, Jésus-Christ de plus près dans le service et la rencontre des frères.                                                

                                                                                                                      Michel Lutringer,

                                                                                                          Prêtre Coopérateur, Val de Wesserling

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